Merci à tous ceux qui nous auront suivis durant ces 6semaines.
J’espère que vous aurez trouvé mon blog enrichissant et qu’il vous aura permis de voyager un peu, même en étant assis devant votre ordinateur…
Grosses bises à tous et à bientôt !
Orane
Arrivée à Paris à 05h30 de matin.
Arrivée à Grenoble à 11h30.
Au total, 25 heures de trajet (dont 20 heures de nuit consécutives!).
Départ de Suzhou à 17h30.
Arrivée à Shanghai à 19h.
Départ de l’avion à 23h50.
Nous rejoignons William vers 9h devant l’hôpital car il a un ami médecin qui connaît bien le propriétaire d’une plantation de thé vert proche de Suzhou.
Nous voilà partis pour un peu moins d’une heure de voiture direction l’ouest de Suzhou, sur les collines bordant le lac Tai.
William nous avait prévenus à l’avance que le propriétaire avait convoquer des journalistes pour faire un petit reportage photos de “français” dans sa plantation. Nous somme donc un peu “VIP” en arrivant sur place. Tout le monde est aux petits soins avec nous. Parallèlement à l’équipe journalistique chinoise, une équipe TV de la plus grande chaîne du Japon tourne un reportage. On se marche un peu sur les pieds mais ça reste très marrant.
Le thé produit ici est l’un des dix thés les plus fameux de Chine. Il serait même classé 1er ou 2ème.
Nous commençons par déguster le thé du printemps nouveau : le piloten (prononcer entre “pilotène” et “piloteune”) qui est le plus apprécié des thés et correspond aux petits bourgeons d’arbre à thé lorsque le printemps arrive.
On nous explique ensuite comment récolter les bourgeons sur l’arbre à thé.
Puis comment les décortiquer pour n’en garder que la meilleure partie.
Enfin, on s’essaye à la cuisson de ceux-ci dans une sorte de “wok” en fonte chauffé à 600°C ! William a trop la trouille d’essayer de peur de se brûler ! Quand j’ai plongé les mains dedans, il m’a crié “ATTENTION ATTENTION!”. Finalement, quand il a vu que Luciano et moi en étions sortis indemnes, il s’est lancé et a bien rigolé ! Le tout c’est de ne jamais toucher la fonte directement (sinon aïe aïe aïe !). Il faut brasser le thé de cette manière durant 30minutes.
Vers midi, nous avons eu droit à un vrai “festin” traditionnel chinois (à 7 autour d’une table) avec le propriétaire. Poisson, pors, bambou, brocolis, mini crevettes, etc… C’était délicieux !
Nous avons ensuite assisté un moment au reportage japonais en cours de tournage puis nous sommes partis (après moult remerciements de la part du propriétaire).
J’ai adoré cette matinée au contact de la campagne et des ces gens simples et sympathiques, loin des lieux touristiques. C’est quelque chose que nous n’aurions jamais eu l’occasion de faire si William ne nous y avait pas emmenés…
En rentrant, nous nous arrêtons sur les berges du lac Tai pour faire quelques mètres à pied au bord de l’eau. Ceci est une reproduction sur-dimensionnée d’une roue qui, actionnée par le vent, créé un courant qui renouvelle l’eau des berges afin d’alimenter les cultures en eau “propre”.
Ce matin nous remplissons notre feuille de stage avec William.
Voici ce que nous avons mangé environ 30 soirs sur 45 :
Il y a dans cette poêle environ 1€ de riz composé (genre cantonnais) acheté à Carrefour tous les soirs. En plus, nous avons l’habitude de prendre une espèce de crêpe à l’œuf chacun (un peu comme une feuille de brick qu’on aurait mise sur une surface chauffante puis sur laquelle on aurait étalé un œuf battu).
Ce matin : radiothérapie. 1 salle de simulation, 1 salle de scanner 2 barrettes, 1 salle de traitement à l’ancienne et 1 salle de traitement avec MLC et IMRT.
Cet après-midi :
- visite du musée de la soie (2,5€) : pas terrible, surtout que les photos sont interdites dans la seule salle intéressante (salle où se trouvent les machines à tisser encore en fonction).
- visite du jardin de l’humble administrateur (5€) : l’un des chefs d’œuvre des jardins chinois et également l’un des plus grands jardins classiques de Suzhou (5,2 ha). Sa construction a débuté en 1509, il a donc aujourd’hui plus de 500ans d’histoire. Ce jardin se divise en 3 parties : orientale, centrale et occidentale, dont chacune a ses particularités. Il se caractérise par une grande élégance et un style clair et vaste. Chaque année, au printemps et en été, on y organise la fête des azalées et la fête des fleurs de lotus. Le jardin embaume alors de mille parfums et devient un lieu que l’on souhaiterait ne jamais quitter.
Jardin magnifique et immense (mais très touristique).
Nous n’avons pas réussi à joindre William pour aller en radiothérapie donc on est resté tranquil’ à l’appart pour se reposer un peu de ces 5 jours intenses.
A 7h pétantes nos deux compagnons de chambrée étaient réveillés et parlaient plus fort que jamais… Je ne crois pas que ce soit une question de non-respect ; en fait ils ne se rendent pas compte que nous occidentaux avons besoin de noir et de silence pour dormir. A titre d’exemple : une fois un de nos chauffeurs de taxi s’est endormi au feu rouge !
Vers 9h : grosse surprise : on était à Shanghai (qui se trouve plus loin que Suzhou !!!).
On a donc fini par comprendre que si le voyage était si long c’était parce que le train allait d’abord à Shanghai avant de revenir sur ses pas faire les gares plus petites…
Nous sommes arrivés vers 12h30 (au lieu de 13h) donc on va pas se plaindre mais c’était quand même très long et on s’est bien emmerdé…
Nous quittons l’hôtel de bonne heure pour rejoindre le bus se rendant (entre autres) au monastère Shaolin. 1,7€ l’aller par personne. Bus super crasseux et s’arrêtant toutes les deux minutes pour prendre des chinois au bord de la route. Le voyage est éprouvant : peu de place pour les jambes (surtout pour Luciano) et fumée de cigarette à revendre… Deux heures plus tard nous arrivons au monastère. Entrée : 10€. Il y a beaucoup de monde.
Le monastère Shaolin est situé à environ 80 km au sud-est de la ville de Luoyang, au pied du Song Shan : l’une des cinq montagnes sacrées de Chine. Il se trouve au nord du mont Saoshi dans une forêt touffue, d’où le nom Shaolin, qui signifie « La forêt de Shao ». Fondé au Ve siècle, ce temple bouddhiste est depuis longtemps célèbre pour son association avec les arts martiaux chinois, et particulièrement avec le Kung-fu Shaolin. Pour le monde occidental, il est peut-être le monastère bouddhiste le plus connu.
Selon la légende, l’entrée au monastère fut refusée à Bodhidharma, un moine indien venu en Chine prêcher un nouveau genre de bouddhisme. A la suite de ce refus, il passa neuf ans à méditer dans une cave face à mur, dans les montagnes Song Shan. On peut encore visiter cet endroit qui aurait été imprégné de l’ombre du moine en méditation. Il fut finalement admis dans l’enceinte du Temple, avant d’en devenir patriarche et de développer le bouddhisme Chan, mieux connu sous le nom de bouddhisme Zen.
Soumettant les moines Shaolin à un régime d’exercices martiaux faits de techniques respiratoires et de 72 techniques de défense, Bodhidharma fit du Temple Shaolin le berceau du Kung Fu, art martial mêlant philosophie, religion, profession, médecine et manière de penser. Cet art avait pour origine le fait de parfaire la condition physique afin de supporter les heures de méditation et afin de pouvoir se défendre contre les brigands et les animaux de la forêt.
Nous passons devant des groupes d’élèves en plein entraînement. Apparemment le monastère compte 6000 élèves… C’est énorme. Petit uniforme jogging rouge et noir.
Juste après se trouve une salle de spectacle de kung fu : environ 15 minutes de spectacle + un petit show mettant en scène trois volontaires du public (chacun choisit un moine et ce-dernier leur apprend quelques mouvements de base du kung fu animal). Le volontaire le plus adroit reçoit en cadeau le dvd du spectacle de kung fu. C’est hyper commercial comme truc, on nous avait prévenus mais nous ne pensions pas que c’était à ce point…
Nous visitons le temple proprement dit. Ça ne change pas vraiment des autres temples bouddhistes que nous avons pu visiter à l’exception près que les moines eux-mêmes vendent des souvenirs à l’intérieur des édifices sacrés de prières ! Du jamais vu, on a halluciné…
C’était l’heure du rassemblement pour leur repas et les touristes les regardaient comme des curiosités en train d’aller chercher leur bol de riz… Un des moines a dû carrément fermer la porte du réfectoire au nez des touristes…Du gros n’importe quoi…
Nous ressortons du temple et rentrons dans le bâtiment juste en face renfermant 500 statues de moines shaolin.
Notre promenade nous mène ensuite à la forêt de pagodes. La forêt compte plus de 200 pagodes, chacune représentant le tombeau d’un abbé. La taille et l’architecture originale d’une pagode dessine l’importance de la personne qui est inhumée dessous. Plus la pagode est grande, plus près du ciel sera l’abbé. Tous les abbés inhumés sous les pagodes n’étaient forcément des moines kung-fu ; certains abbés n’étaient que bouddhistes et faisaient du kung fu un art secondaire lors de leur mandat.
Nous continuons notre parcours jusqu’à tomber sur le téléphérique shaolin menant aux falaises du mont Song Shan. 6€ la montée, ça fait un peu chier surtout qu’un panneau nous indique que la destination n’est qu’à deux kilomètres. Nous voici donc partis sur nos deux pieds pour rejoindre le bout du téléphérique. Le problème c’est qu’après avoir marché sur une route pendant 1,5km, on se rend compte que le reste correspond à des escaliers à n’en plus finir en plein dans la montagne. A chaque fois qu’on demande à quelqu’un combien de temps ça prend pour se rendre jusqu’en haut, on obtient un son de cloche différent… Résultat : 1h30 de marche très éprouvante (pour moi en tout cas) dans ces putains d’escaliers de malade ! Pas fâchée d’arriver en haut… Franchement, la vue était magnifique. Moi qui n’avait pas plus envie que ça d’y aller, j’aurais été bête de louper ça ! Au loin on aperçoit un édifice et il semble que nous pouvons nous y rendre par le chemin à flanc de falaise. Après avoir avancé un peu, on se rend compte que ça va être trop juste de faire l’aller-retour à temps pour être à l’heure pour le dernier bus (sensé être à 17h). Je propose à Luciano qu’il y aille sans moi (étant donné que je le ralentis considérablement) et qu’il me rejoigne en bas. On se sépare donc et on se retrouve un moment plus tard devant la forêt de pagodes.
En redescendant, sur la portion d’1,5km de route, nous croisons (chacun notre tour) une immense partie des 6000 élèves se rendant vers le mont Song Shan (peut-être pour l’entraînement de la fin de journée ?).
Il nous reste peu de temps et il y a une chose que nous n’avons pas visitée : la cave de Bodhidharma (on ne l’avait pas trouvée à l’aller). On cherche donc un peu mieux sur les panneaux et là on réalise qu’elle est située à 4km de là, tout en haut d’une autre montagne… Pas assez de temps. D’ailleurs, si nous avions eu cette information plus tôt, je ne sais pas ce que nous aurions choisi de faire…
Nous nous dirigeons vers la sortie et là : le pire du pire du n’importe quoi : un chameau est attaché à un pont et deux chinois propose de faire des photos sur son dos… Pfff mais c’est quoi ce délire ?!
En sortant, une rabatteuse nous propose de prendre le bus pour 2€ chacun et comme on n’est pas sûr de l’heure à laquelle passe notre bus du matin, on accepte sa proposition.
Récupération des affaires, KFC, train.
Train couchette à nouveau, mais cette fois-ci nous sommes accompagnés de deux chinois se rendant à une conférence à Shanghai pour leur travail. Départ 21h, arrivée à 13h le lendemain… C’est abusé car certains trains mettent moins de 8heures pour faire ce trajet… On a galéré un peu pour s’endormir car les deux chinois ont papoté un long moment avec la lumière allumée (nous on était crevé, on ne souhaitait qu’une chose : pioncer !). Ils ont fini par se coucher mais le mec a ronflé un bon moment.